Par la rédaction
Avec son nouveau documentaire « Mototaxi », le cinéaste haïtien Arnold Antonin s’intéresse à un phénomène devenu indissociable du quotidien de milliers d’Haïtiens : la moto-taxi. Présenté en grande première le jeudi 27 août 2026 à la salle Franck de l’Hôtel Montana, le film pose un regard critique sur un secteur aussi indispensable que profondément désorganisé.
La moto s’est progressivement imposée dans le paysage du transport en Haïti. Dans certaines zones, elle constitue même l’un des moyens les plus accessibles pour se déplacer. Mais derrière cette présence devenue familière se cachent des réalités beaucoup plus complexes : insécurité routière, manque d’encadrement, informalité et conditions de travail difficiles.
C’est dans cet univers qu’Arnold Antonin plonge avec « Mototaxi », son nouveau documentaire.
Auteur de plus d’une cinquantaine de films et documentaires, le réalisateur poursuit ainsi un travail cinématographique depuis longtemps marqué par l’observation de la société haïtienne et de ses transformations.

Une première qui rassemble
La grande première du documentaire s’est tenue jeudi soir à la salle Franck de l’Hôtel Montana devant un public nombreux.
Des représentants de l’État, des membres de la communauté internationale ainsi que plusieurs personnalités issues des milieux médiatique et culturel avaient fait le déplacement pour découvrir cette nouvelle réalisation.
Au-delà de la projection, la soirée a surtout permis de placer au centre des discussions une question que les rues haïtiennes rendent visible chaque jour : comment organiser un secteur devenu essentiel à la mobilité de la population ?
Derrière la moto, tout un système
« Mototaxi » ne se contente pas de présenter la moto comme un simple moyen de transport. Le documentaire s’intéresse à l’écosystème qui s’est développé autour de cette activité et aux difficultés qui l’accompagnent.
À travers plusieurs regards, le film met notamment en évidence les dangers auxquels conducteurs et passagers sont confrontés, mais aussi le désordre et l’informalité qui caractérisent encore largement le secteur.
La moto-taxi répond pourtant à un besoin réel. Dans un contexte où les solutions de transport collectif restent insuffisantes dans de nombreuses zones, elle permet quotidiennement à une partie importante de la population de circuler, de travailler et de poursuivre ses activités.
Cette utilité n’efface cependant pas les risques.
C’est précisément cette contradiction que le documentaire semble vouloir exposer : un moyen de transport devenu indispensable, mais dont le développement appelle désormais une véritable réflexion collective.

Le cinéma comme espace de débat
La projection a provoqué de nombreuses réactions et une vive émotion parmi les spectateurs. Elle a également ouvert la voie à une discussion plus large sur l’organisation du transport public en Haïti.
À travers « Mototaxi », Arnold Antonin transforme ainsi une scène ordinaire du quotidien haïtien en sujet de cinéma et de réflexion sociale.
Le documentaire rappelle surtout qu’au-delà des motos qui sillonnent les rues se trouvent des travailleurs, des passagers et toute une économie informelle dont le fonctionnement touche directement à des questions de sécurité publique, de mobilité et d’aménagement.
En mettant sa caméra au cœur de cette réalité, Arnold Antonin invite finalement à regarder autrement un phénomène que l’habitude pourrait rendre presque invisible.
Photos : © Jean Orckson Laguerre/source Konparèt Maguazine







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